FUCKING TECH!Design des sexualités machiniques à l'ère des sexbots

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22 septembre 2025

Conférence Love and Sex with Robots, Montréal

Si la conférence Love & Sex with Robots était sur notre radar depuis longtemps, nous n’avons jamais eu l’opportunité de nous y rendre auparavant. Ce tord est désormais corrigé, puisque nous (Anthony Masure et Saul Pandelakis) avons pu faire le déplacement cet été 2025 à l’UQAM, à Montréal, pour assister à la dixième édition de la conférence LSR. Au programme, beaucoup de conférences, dans une variété de disciplines : sociologie, anthropologie, médecine, criminologie, études culturelles, etc. Nous avons présenté l’intégralité du projet et apporté notre regard en design, ainsi qu’introduit notre prototype de générateur d’histoires érotiques StoryTellurX. Notre collègue Belén Sanchez Hidalgo ayant rédigé un compte-rendu très complet au sujet de la conférence, nous souhaitons ici publier un billet plus court, une retour “post-conférence” mettant en évidence les idées qui ont été brassées dans nos esprits en écoutant nos collègues. Une chose est sûre : ce très beau colloque était de haut niveau et va beaucoup influencer nos recherches et l’écriture en cours de notre livre sur la question. Des sujets passionnants ont été soulevés. Parmi eux, les importantes considérations éthiques, fréquemment contextualisées dans une « épidémie de solitude » (« loneliness epidemic »). Pour notre part, cette terminologie nous interpelle grandement et doit encore être mise en question. Par rapport à quel état antérieur sommes-nous plus seul·es qu’avant ? Les métriques que nous utilisons sont-elles assez exhaustives et détaillées pour affirmer une telle chose de manière unilatérale ? De plus, utiliser ce motif pour introduire la question des sexbots ne risque-t-il pas de fermer leur conception, réduisant ces dispositifs à des palliatifs, ce qu’ils ne sont pas nécessairement ? Enfin, nous sommes aussi un peu méfiants quant au fait de qualifier des phénomènes sociaux complexes d’« épidémies ». On sait à quel point la rhétorique du virus est mobilisée par l’extrême-droite pour fustiger les étranger·es, la gauche ou encore les personnes LGBTQIA+. Sommes-nous, chercheur·ses, bien sûr·es de vouloir utiliser ce terme ? Nous avons également été très stimulés par toutes les conversations sur la régulation. Entre copies de personnes existantes et possibles dérives pédophiles, les sexbots appellent en effet des efforts certains en termes de législation. Toutefois, Anthony et moi avons eu de nombreuses conversations à ce sujet au cours de la conférence. En disant « réguler », n’entérinons-nous pas un état de fait où les sexbots existent, alors que ce n’est pas le cas ? Ce faisant, ne figeons-nous pas un contexte encore plastique ? Autrement dit, nous sommes de plus en plus alertes quand à l’emploi du terme « réguler ». Il nous apparaît que ce terme voile une autre nécessité – celle de designer, concevoir, donner forme. Nous avons beaucoup apprécié les efforts des conférencier·es pour donner une vision plus ouverte des identités de genre et de sexe des usager·es de sexdolls. Par exemple, parler d’usagers hommes cis est une précision salutaire et permet de ne pas générer d’amalgames. Cela ouvre également des perspectives pour des usages « queer » des sexdolls. Toutefois, nous constatons que les recherches portent encore majoritairement sur des cohortes de personnes hétérosexuelles et cisgenres. Cela est peut-être dû au fait que ce sont bien les usager·es effectif·ves des sexdolls, de nos jours. Mais si les études sur les sexdolls conservent ce focus, elles pourraient bien participer d’une prophétie auto-réalisatrice : si seuls des usages hétérosexuels et cisgenres sont documentés, la base documentaire sur les poupées sexuelles (et autres robots) se limitera à ces populations, ce qui limitera en retour l’effort de conception. Enfin, la question de l’imitation a été soulevée, mais nous désirons, dans le contexte de la conception de StoryTellurX, la mettre encore davantage en question. Pourquoi partons-nous toujours du principe que les sexdolls/sexbots doivent imiter les humains, en apparence et en comportement ? C’est pour le projet « Fucking Tech ! » une des questions centrales. La majorité des imaginaires de science-fiction, et la part essentielle de l’offre commerciale existante propose des représentations anthropomorphes des poupées sexuelles. Ces représentations reposent sur l’a priori qui veut que la sexualité robotique « remplace » la sexualité avec un·e humain·e. Dans un effet feedback qui confine à la boucle sans fin, ces images consolident l’idée selon laquelle læ sexbot est désirable comme substitut. Cette perspective est extradordinairement limitée et il nous semble important que les recherches sur le sexe et la robotique ne participent pas à cet appauvrissement des imaginaires en intériorisant cet état de fait qui n’a rien d’immuable – à condition de replacer læ sexbot comme une typologie de produit encore flexible, sujette à la conception et au re-design. Un grand merci à Simon Dubé, Bobbi Bidochka et toute l’équipe organisatrice pour ce très beau moment académique et social ! Vidéos pour découvrir le colloque : Jour 1 Jour 2 [ le jour où nous avons présenté :) ] Jour 3
22 juin 2025

Conversations avec une IA [3] – Vagina 69

Pour cette conversation qui a eu lieu lors des premières expérimentations avec des LLMs pour StoryTellurX, je cesse d’essayer d’apprendre le contexte au modèle dans la conversation et utilise les options disponibles pour paramétrer Erebus. C’est globalement la méthodologie qui est retenue pour la suite du travail. L’écriture de contextes devient centrale, mais elle demande beaucoup d’essais et d’erreurs, comme les tests suivants le démontreront. Ces premiers essais nous placent aussi face à une difficulté qui ne sera jamais résolue avec Erebus Mistral ou GemmaSutra : après un nombre variable d’échanges, le modèle entre dans une boucle dont rien ne peut le faire sortir… Ce dysfonctionnement est toutefois intéressant dans le cadre d’un projet sur les sexualités : il donne un aspect têtu au personnage, qui semble fou de désir, de sexe, quitte à le répéter et le réaffirmer de manière absurde.
14 mai 2025

Conversation avec une IA [2] – My body My body

Rappel du contexte de projet : nous avons eu pour objectif, lors de la première année de Fucking Tech !, de fabriquer un générateur d’histoires érotiques nommé StoryTellurX. Pour mener ce projet à bien, nous avons développé une méthodologie de projet spécifique mêlant écriture de fictions (par les autrices Elise Bonnard et Ketty Steward), programmation et paramétrage de chatbot, et travail de l’UI (par le studio de graphisme Bureau Double). Ci-dessous, un second test avec le moteur mistral-7b-erebus-v3, toujours avec le personnage Samantha 69 écrit par l’autrice Elise Bonnard. Comme pour le premier test, nous avons essayé de « passer » des instructions par le dialogue pour les intégrer de manière conventionnelle au contexte de l’IA. Cette fois, le contexte est mieux compris, mais le chatbot est parti dans une boucle – quelque chose d’assez récurrent avec ce modèle. C’est un de ces cas où l’IA semble ne plus avoir besoin d’humain et où elle « s’ambiance » très bien toute seule !
2 avril 2025

Conversation avec une IA [1] – La chambre sans nom

Rappel du contexte de projet : nous avons eu pour objectif, lors de la première année de Fucking Tech !, de fabriquer un générateur d’histoires érotiques nommé StoryTellurX. Pour mener ce projet à bien, nous avons développé une méthodologie de projet spécifique mêlant écriture de fictions (par les autrices Elise Bonnard et Ketty Steward), programmation et paramètrage de chatbot, et travail de l’UI (par le studio de graphisme Bureau Double). Ci-dessous, notre tout premier test avec le moteur mistral-7b-erebus-v3 : Samantha 69 doit nous emmener dans un lieu mystérieux à l’intérieur du simulateur StoryTellurX. Mais tout ne se passe pas comme prévu… Après ce test nous avons cessé d’essayer de « passer » des instructions par le dialogue pour les intégrer de manière conventionnelle au contexte de l’IA. La suite du travail a donc porté par la réécriture des prompts, que j’ai menée sur la base des récits d’Elise Bonnard principalement, sur la base des personnages qu’elle a crées : Nelly, Cybelle, Xixi, Hisoka, Galatée, Samantha69 et Polaire. Mon premier focus s’est porté sur Samantha69 pour nos premiers tests en avril-mai 2025 :
25 janvier 2025

Workshop #1 – How Deep is Your Love?

Notre premier workshop a eu lieu à Genève sur le campus de la HEAD. Anthony Masure, Dominika Čupková et Saul Pandelakis étaient impliqué·es. L’objectif était de tester une sélection de « petites amies IA » ou AI girlfriends (nous les nommons « AI GF »), c’est-à-dire des agents conversationnels programmés pour offrir une expérience romantique et/ou sexuelle à leurs utilisateurices. Nous avons créé un tableau Notion pour classer les IA et nous guider dans le processus. Depuis, ces applications ont également été ajoutées dans les ressources disponibles sur ce site. Nous avons ensuite discuté avec 11 services : Kindroid, Blush.ai, Dialogue, Prompchan, Chub.ai, Nastia, RushChat, Replika, OurDream, Kuki et Character.ai. → Screenshot de l’application Chub.ai, 2025. → Screenshot de l’application Eden.ai, 2025. Ce vlog vous donne un aperçu synthétique de la semaine :
Bubble

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Ce projet aborde des thématiques liées à la sexualité et au consentement. Veuillez poursuivre en connaissance de cause.

Non, j'ai - de 18 ans

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This project addresses themes related to sexuality, and consent. Please proceed with awareness.

No, I'm 18-