
Rappel du contexte de projet : pour enrichir notre étude des technologies pour le sexe dans le cadre du projet Fucking Tech !, nous avons mené de multiples études de cas (œuvres, jeux vidéos, chatbots…) de l’existant.
MacPlaymate est un jeu point-and-click développé par Mike Saenz, CEO de Reactor Inc. Il développe et publie des CD-ROM dans les années 1980–90 dont certains des premiers jeux interactifs pour adultes : MacPlaymate (1986), Virtual Valerie (1990) et Virtual Valerie 2 (1995).
Contexte
L’artiste/software designer illustre dès l’acquisition d’un Macintosh (Apple. 1984) des bandes dessinées à l’aide d’un programme informatique. Il se met à expérimenter sur le Macintosh 512 et cherche à tester les possibilités de sa machine à la mémoire et aux disques limités en s’inspirant de magazines Playboy. Son objectif est de créer un jeu répétitif et expérimental qui retiendrait l’attention des joueureuses. En seulement 2 semaines, il programme le jeu érotique et interactif MacPlaymate.
En 1987, M. Saenz et ses associés commercialisent les disques contenant le programme pour $50, et récoltent un total de $60,000. Victime de son succès, MacPlaymate a été un des programmes les plus piratés à l’époque, faisant émerger quelques polémiques quant à une potentielle exploitation illégale par MacroMind, ainsi qu’à l’utilisation du programme dans des contextes inappropriés : en effet, de nombreux hommes employés de bureau jouent sur leur lieu de travail et essuient les plaintes de leur collègues (majoritairement des femmes) qui dénoncent du harcèlement sexuel et de nouvelles injonctions à des standards sexistes.(Morrison 1988.)
Ironie du sort : Penthouse et Playboy se sont ironiquement inspirés du succès des créations érotiques de Saenz pour investir dans les fictions interactives érotiques. (MEL Magazine 2016).
Description
Le jeu est composé d’une série d’options utilisables sur un personnage (Maxie/Maxine), avec une pluralité d’objets et sextoys, d’animations, de lingerie et de potentiels partenaires. Tout commence par un écran composé d’une toybox (« boîte à jouets »), d’une barre de menu et d’un écran dans lequel Maxie est allongée. Il est possible de choisir dans le menu “Watch Me” des animations (qui correspondent à des manières pour Maxie de se masturber dans différentes tenues). Les menus « Costumes » et « Sexual Partners » permettent de faire varier les tenues de lingeries et les partenaires de Maxie (Lola ou Melvin). Pour chaque catégorie d’animation, les joueureuses sont amené·e·s à utiliser les jouets de la toybox pour amener Valérie à l’orgasme. Il n’y a rien d’autre à faire ou à explorer dans la version testée. Le sound design (Maxie est doublée par Raquel Shapira) soutient quelque peu l’immersivité du jeu, très vite limité par le manque de véritable fil narratif.
Remarque : la version du jeu testée dans le cadre de cette étude pourrait être incomplète.

Sources :
Morrison, Patt. “MacPlaymate : Is It Software or Hard Porn ?” Orlando Sentinel, November 28 1988.
MEL Magazine. “Long Before Internet Porn, There Was ‘MacPlaymate.’” September 22 2016. Accessed April 29 2023.
Saenz, Mike. Interview by Laura Grindstaff and Julie Palsmeier. “A Conversation with Mike Saenz.” Nideffer.net. Accessed May 22 2025.

